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24.05.2008

Il faut sauver l'Ecole !

"L'ignorance est la mère de tous les crimes." écrivait Balzac dans "La Cousine Bette"

Des ignorants... c'est hélas ce que nous, jeune génération, nous devenons.
Chiffres à l'appui, tout montre que les fondamentaux (lire, écrire, compter) n'en sont plus, que la moindre dictée correctement orthographiée s'apparente au XIIIème travaux d'Hercule (non Michou, ce n'est pas le dessin animé avec Astérix..)

Alors faut-il exhiber quelque prof crasseux, 68ard attardé, syndiqué, et dans un exorcisme vaudou le clouer au pilori en en faisant le coupable absolu ?
Non bien sur, et s'il y a des responsabilités individuelles, qu'il est toujours difficile de juger, les responsabilités collectives, c'est à dire liées à des décisions publiques peuvent -doivent- être analysées et remises en question.

Nouvelle campagne pour le retrait immédiat des cinq pires livres de classe
Dans les deux sens. Car tout n'est pas noir non plus. Les générations numériques grandissent avec Internet au bout des ongles, avec tous les inconvénients et les avantages que cela comporte, et grâce aux progrès des transports, les frontières culturelles se sont considèrablement affranchies.

Mais à quel prix ? Et c'est là où le bât blesse...

La réforme Darcos veut revoir les programmes, en axant sur l'apprentissage qualitatif d'un socle commun des connaissances fondamentales (lire, écrire, compter, Français, Maths, Histoire...), qui devrait être sanctionné par un certificat qui en soit un (par comme l'hypocrisie du Bac).

Le soucis c'est qu'avec la chute démographique que nous connaissons, les besoins quantitatifs en enseignants doivent diminuer pour permettre de continuer à instruire, tout simplement.

Au détriment d'une qualité de cours ? Pas toujours.
Un exemple : je suis germaniste première langue. Nous avons toujours connu en LV1 (toutes filières confondues) des groupes à peu près stables d'une dizaine d'élèves, les LV2 étant sensiblement plus nombreux. Mais les promotions qui nous suivent stagnent à 2, 3 élèves.
Idem en latin ou en grec où le professeur devient bien souvent précepteur pour cours particulier.

Alors ? Alors il faut rationnaliser tout ca. Le regroupement d'élèves sur plusieurs années, avec des niveaux de langue est une piste intéressante à développer pour sauver les options, qui pourrait permettrait en outre aux élèves de s'enrichir des expériences de leurs aînés

Mais la qualité de l'instruction passe également par de bon livres et de bonnes méthodes. Je vous invite à faire un petit tour sur le site, très vivant, de l'association de parents et de professeurs "Sos Education", et en particulier sur leur dernière campagne sur les "5 pires manuels" (cf image).
Je finis ma bouteille à la mer sur cette question de l'Ecole, en insistant sur la nécessité de revalorisation des filières pros (remise en place du dispositif d'apprentissage dès 14 ans ?) et en vous invitant à nous prononcer sur le SMA (Service d'Accueil Minimum) pour les enfants et les parents en cas de grève. Pensez-vous qu'il s'agisse d'une atteinte au droit de grève, ou d'un droit légitime des familles de ne pas supporter les choix des profs ?

A ce titre, je tiens à saluer une deux de mes anciennes profs de Français et de Grec, Mesdames Le M. et C., qui, syndiquées et grévistes, ont assuré leurs cours aux élèves de première (qui passent leur bac de français dans moins d'un mois !), arborant à la japonaise selon la formule d'André Santini, un badge manifestant leur mécontentement. Action et Responsabilité.

Voici un exemple à suivre !

Commentaires

Retour aux fondamentaux... difficile quand le chef de l'Etat ne cesse de les remettre en cause, entre sa grammaire scandaleuse et ses attaques répétées contre la pauvre Princesse de Clèves

Ecrit par : Ambrogio Riva | 24.05.2008

Décidément pauvre Princesse de Clèves...

Cher Ambrogio, s'il est évident que l'exemplarité du chef est une nécessité dans l'action collective, doit-on cependant résumer la politique du gouvernement aux errements stylistiques du Président ?

Monsieur Darcos semble plus acquis au clacissisme pour sa part.

Ce qui ne referme pas le débat de l'interprétation de l'article 20 de la Constitution...

Ecrit par : G2C | 24.05.2008

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