24.09.2008

Bientôt des "low cost" à La Roche?

Photo : Blandine Lempérière.

C'est un débat surprise qui s'est invité hier soir au conseil municipal. Les élus se sont intéressés au développement du site des Ajoncs. De quoi créer quelques turbulences.

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Au départ, ce n'était qu'une banale délibération sur les redevances aéroportuaires. Mais le conseil municipal a finalement embarqué pour un débat global sur l'avenir du transport aérien à La Roche-sur-Yon. À la manoeuvre : Michele Peltan, l'élue d'opposition Nouveau Centre, estimant qu'« iI serait bon de lancer des études sur les équipements aéroportuaires et l'accueil de compagnies low cost (1) ou de cargos. Même si la Ville n'a pas les moyens de le faire seule ».

De quoi faire sourire Pierre Regnault, le maire socialiste. « Même si vous n'êtes plus au conseil général, vous avez les mêmes arguments que Philippe de Villiers », égratigne-t-il. La semaine dernière (2), le président du conseil général a en effet émis l'idée de « développer l'aéroport de La Roche-sur-Yon en anticipant avec audace les besoins de demain ». Cecialors que la demande d'un nouveau pont sur la Loire pour rejoindre le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes a été rejetée.

« Ce qui se passe avec Alitalia »

Mais loin d'y être opposé, le maire se retrouve dans cette idée. Avec quelques réserves cependant. « On ne va pas faire de lignes régulières. C'est plutôt avec les compagnies low cost qu'il y a des possibilités. Mais dans un an ou deux ans, ces compagnies n'auront plus moyen de recevoir des subventions. Ce qui remet tout en cause. » Économiquement, leur développement pourrait être menacé.

D'ailleurs, le problème est même plus large : « Vu les coûts du carburant, personne ne peut supputer de l'avenir des transports aériens quand on voit ce qui se passe avec Alitalia », avance Pierre Regnault. N'empêche, « si on a maintenant la possibilité de faire évoluer l'aérodrome vers le transport de loisirs, pourquoi pas ? » Ce qui est sûr, c'est que la Ville ne pourra gérer seule ce dossier. Cela tombe bien, le conseil général semble très intéressé. Des deux côtés, on semble prêt à travailler ensemble et avec la chambre de commerce et d'industrie.

« De quoi on parle ce soir ? »

Ce débat a de quoi provoquer la colère froide de Yann Haléry. Pour l'élu Vert, « c'est une drôle d'idée » alors que les « nuisances sonores et la pollution » sont inévitables dans ce type de projets. « Le TGV va nous amener à Paris en 2 h 45. Aucun avion ne le fera aussi vite si l'on compte le temps nécessaire pour l'enregistrement, l'embarquement, etc. De quoi on parle ce soir ? Cela n'a aucun intérêt économique. » Un non ferme et définitif. Dans un débat qui ne fait que commencer.

Marylise KERJOUAN.

(1) Les compagnies low cost sont des compagnies aériennes à bas prix. L'aéroport de Nantes accueille ce genre de compagnies (Ryan Air, Easyjet, etc.), mais c'est également le cas de La Rochelle, Poitiers, Dinard, etc. Les prix des billets défient toute concurrence : des allers-retours vers la Grande-Bretagne ou l'Irlande peuvent être facturés aux alentours de 20 €.


(2) Voir Ouest-France du jeudi 18 septembre.

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