04.11.2008

Les coucous de McCain

La frénésie américanophile, dont on peut se réjouir même si elle touche plus  à de l’Obamania, pousse quelques étudiants en journalisme à se pencher sur les rares coucous qui ont la folie de soutenir McCain.

A quelques heures d’un résultat qui nous est déjà annoncé dans la plupart des médias, je vais donc essayer d’expliquer en quelques lignes pourquoi ce soutien persistant à un candidat en retard de 3 à 12 points dans les sondages. J’en arrive même à me surprendre moi même quand je vois mes jeunes congénères de droite s’afficher sans vergogne derrière le candidat du changement.

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En guise d’avertissement je voudrai dire que j’ai bien conscience que tous nos soutiens n’ont aucune influence sur le vote américain, et de toute façon ils ne cherchent pas à en avoir. Français, nous respectons le choix du peuple américain, et nous ne tolèrerions pas une ingérence de nos cousins ricain

Mais cette élection nous concerne tous, à tous les coins du monde, car dans ce monde « globalisé », les USA tiennent encore la pôle position.

Le premier des choses, la plus évidente, c’est une extrapolation du parallélisme des formes. Malgré les spécificités américaines, la droite classique s’apparente à la famille républicaine.

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Au delà de cette politesse politique, c’est surtout le programme et la personnalité du candidat du GOP (Grand Old Party) qui nous marquent.

Le Sénateur John McCain incarne l’expérience et le courage politique. Franc tireur, il n’a pas peur de sortir des positions partisanes selon sa conscience. Réaliste, il a la carrure d’un président conventionnel. Economiquement libéral (même s’il s’est opposé à certaines exonérations d’impôts pour les upper class), le candidat McCain défend une vision responsable de l’entreprise, créatrice d’emploi et de richesse pour chacun. Candidat de la stabilité sans être celui de la continuité, il a su prendre ses distances avec le président Bush sur nombre de sujets à commencer par la défense de l’Environnement. Enfin, la vraie différence se joue sur les valeurs éthiques où le Sénateur McCain se prononce en faveur de mesures d’accompagnement des mères en difficulté où contre les recherches embryonnaires

Certes tout n’est pas parfait, il y a des points de divergences et je reste, ainsi que la plupart des jeunes français McCainophiles, très nuancé sur la politique étrangère du héros du Vietnam. Les Etats-Unis poursuivront-ils leurs embrouilles d’apprentis sorciers, où au nom de la démocratie ils débarquent en cassant tout, pour s’étonner ensuite de créer des djihâdistes. Encore faut-il rappeler que cette élection est américaine et que ses candidats doivent défendre les intérêts... américains.

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Bien sur nous ne sommes pas d’accord pour voir l’Europe sifflée pour faire le sale boulot. Et parler de réticence vis à vis du vœu américain de voir la Turquie intégrer l’UE serait un euphémisme. Certes dans la vision américaine, cela pourrait faire basculer cet état tampon dans le camp occidental. Mais coté européen on redoute, à l’inverse, que ce soit l’UE qui soit déstabilisée par les fanatiques.

Le Sénateur Barack H. Obama a axé sa campagne sur le thème du changement, grâce à un puissant souffle de jeunesse, un charisme et une présence indéniable.

Le hic coince sur son programme. Economiquement interventionniste, dans la lignée de l’Administration Clinton (responsable de la Crise rappelons le), les hausses d’impôts sur les classes moyennes, incarnées par le fameux Joe le plombier vont pénaliser les premiers agents économiques. Enfin, « Not read to lead » le slogan que les républicains ont affublé au Sénateur de l’Illinois souligne l’inexpérience fédérale du candidat, compensée (heureusement) en partie par son ticket Joe Bidden, vieux loups des couloirs du Congrès.

Avant de conclure, je voudrai faire part de mon affliction devant le mépris avec lequel nous nous sommes, français, moqués des américains jugés ignorants, égoïstes, arriérés, et injure suprême, conservateurs.

Un petit lot de consolation aura été de voir jusqu’à quel point les partisans français du Sénateur Obama ont poussé le sérieux de leurs arguments : ce sera un grand président parce qu’il... est jeune et noir.

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C’est oublier que Georges W. Bush, républicain, s’était entouré à des postes clefs de personnes qualifiées  telles que Colin Powell ou Condoleezza Rice.

Le plus amusant aura bien été d’entendre des gens, bien que n’étant jamais allés au USA, venir nous expliquer que si le Sénateur Obama n’est pas élu c’est à cause du racisme de l’américain moyen (effet Bradley), ce beauf xénophobe qui vit avec son fusil et sa bible.

Si l’on suit ce raisonnement, il faut donc considérer que le machisme est plus fort que le racisme chez les démocrates qui ont choisis Obama plutôt que Hillary Clinton ?

On voit bien que ce n’est pas sérieux et où les délires communautaristes nous mènent. A l’irrationnel d’une couleur de peau ou d’un brushing il est plus qu’urgent de revenir à une politique pragmatique, ancrée dans le pays réel.

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